Luc 7,11-16
Dans ce texte nous voyons Jésus s'approcher d'une ville avec un cortège derrière lui,et là il rencontre un autre cortège qui en sort. Deux cortèges donc se croisent à l'entrée de la ville de Nain, et ils ont des caractères contradictoires. Le premier vient de connaître une victoire sur la maladie, et la mort(voir7,2), alors que le second vient de subir la mort. Celui-là est plein de joie et de gaieté, tandis que celui-ci est tout triste. Oui, deux cortèges se rencontre: l'un est le cortège des lamentations, des murmures et plaintes,des pleurs,des échecs, de souffrances,d'inquiétude,de désespoir...,l'autre est le cortège de joie, de paix, de victoire, de succès, de puissance...
Plus d'une personne ont qualifie notre monde de "vallée de larmes", car caractérisé par les crimes, les abus, les violences, la pauvreté et la misère, et tant d'autres maux. Dans ce "monde de ténèbres", l'humanité éprouve une grande détresse devant laquelle elle est bien souvent désarmée. Cependant, le Dieu d'amour veut délivrer l'homme de sa détresse par Jésus, le sortir de la"vallée des larmes" pour le conduire sur le chemin de la paix; et l'homme peut s'écrier avec Zacharie : " Que la compassion de notre Dieu est merveilleuse! Dans sa bonté paternelle, il a fait lever sur nous un jour nouveau sur lequel brille la lumière céleste, une lumière aussi éclatante que celle du soleil levant. Elle éclairera ceux qui vivent dans les ténèbres et l'ombre de la mort, et elle guidera nos pas sur le chemin de la paix "( Luc 1,78-79).
Nous voyons aussi une veuve, c’est-à-dire une femme qui avait été mariée, qui avait connu la joie et le bonheur de la vie conjugale et même de la maternité, mais qui en fut privée par le décès de son époux, son protecteur et son pourvoyeur. Elle devait des lors travailler dur pour subvenir à ses besoins età ceux de son fils. La veuve dans la société juive était habituellement associée au groupe des désavantagés et des opprimés (les orphelins, les pauvres et les étrangers) que l’Eternel dans la loi protégeait ( Ex.22,21-22; Dt.24,17-18;Ml.3,5;ect). Avec la mort de celui-ci qui devait perpétuer la ligne familiale, prendre soin d’elle dans sa vieillesse et lui donner des funérailles normales, pouvait-elle encore être consolée? Même cette « foule considérable de gens de la ville qui l’accompagnait» ne pouvait arrêter ses larmes. Cette veuve fait penser Noémi qui, à la suite de ses épreuves, a dit: « Je suis dans une plus grande amertume…ne m’appelez pas Noémi (c’est-à-dire «mes délices»), appelez-moi Mara (c’est-à-dire amère); car le Tout-Puissant m’a remplie d’amertume. (Ruth 1.13-20)…. Qui pouvait la consoler?
A la vue d'un tableau si sombre et si triste, le Seigneur ne pouvait rester indifférent et passer outre; il se sent concerné par le sort de cette femme et prit part à sa douleur et à sa souffrance( " il fut ému de compassion pour elle"V.13). Car c'est pour ce but qu'il est venu" pour guérir ceux qui ont le coeur brisé...pour apporter la délivrance à ceux qui sont écrases sous le poids de leurs fardeaux" ( Lc 4,18-19).
Pasteur Aimé Aimba